Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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  POLITIQUE

Paru dans 24 heures le 26 mai 2011

Dans son éditorial du 21 mai 2011, Thierry Meyer laisse entendre que des politiciens «qu’on croyait libéraux» ne seraient que des girouettes «humant avec avidité l’air du temps» lorsqu’ils osent mettre en cause la politique de croissance que pratique notre société.

Il convient d’abord de remarquer que c’est bel et bien le développement économique qui engendre la croissance démographique: la dernière étude sur le PIB romand publiée par nos banques cantonales est claire sur ce point. Les diverses initiatives visant à freiner l’immigration – celle de l’UDC est la dernière en date – sont donc hors sujet en ne s’attaquant pas à la racine du phénomène.

La question qui se pose à un libéral est la suivante: le développement économique se fait-il de manière spontanée, ou est-il la conséquence d’une intervention de l’Etat? La réponse est évidente: oui, ce développement est accéléré par des interventions actives des pouvoirs publics.

Il s’agit d’abord de la promotion économique «exogène», c’est-à-dire les efforts consentis par les pouvoirs publics pour attirer sur notre territoire des entreprises étrangères. Il s’agit ensuite d’avantages fiscaux offerts aux entreprises qui viennent s’installer chez nous. Même s’ils ont été réduits, certains continuent à être accordés.

Il s’agit encore de l’usage du sol. Des zones de développement industriel ont été définies dans toutes les régions de notre canton. Dans ces zones, les autorités politiques – cantonales ou communales – s’empressent d’accorder toutes les facilités possibles pour attirer l’installation de nouvelles entreprises alors que, lorsqu’il s’agit de logement, le mot d’ordre est à la densification.

On rappellera aussi que les plus chauds partisans des centrales nucléaires se soucient surtout de ne pas pénaliser le développement économique par une réduction de l’énergie disponible.

Cette simple liste, non exhaustive, démontre bien que le développement que nous connaissons est, dans une large mesure, non pas le fruit du libéralisme, mais bien celui d’une politique économique interventionniste.

Les libéraux par principe sont réticents à toute intervention de l’Etat, notamment dans l’économie, parce qu’ils en redoutent les effets pervers. Lorsque ces effets pervers deviennent manifestes, un vrai libéral ne peut que rappeler les principes auxquels il est attaché. Il s’agit, en l’occurrence, d’inviter l’Etat à tempérer ses interventions.

Certains «libéraux», inféodés aux organisations économiques, préfèrent renier leurs principes. Pas question de réduire l’engagement de l’Etat pour le développement économique. Et si les infrastructures font défaut, que l’Etat investisse massivement! Curieux dans la bouche de gens qui ont toujours contribué à freiner les dépenses publiques et à exiger l’équilibre des budgets!

Si ces libéraux téléguidés servent de modèle à Thierry Meyer, on peut comprendre que, dans son désarroi, il en vienne à traiter de girouettes les autres: ceux qui, précisément, ont le courage de tenir le cap.

Jacques-André Haury




 

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