Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
portrait articles revue de presse
interventions exposés contact  
 

Paru dans 24 Heures le 30 juil. 2007

Chacun sait que l’exercice physique constitue l’une des meilleures préventions des maladies cardiovasculaires et du diabète. Souvent plus efficace qu’une longue liste de médicaments.

Mais, pour beaucoup d’entre nous, l’horaire professionnel et familial est si chargé que nous ne trouvons pas le temps, pensons-nous, de nous livrer à des activités physiques. Pensons-nous! Il y a pourtant des moyens très simples et très efficaces: le premier d’entre eux consiste à renoncer à l’ascenseur.

Cela devient très vite une habitude. Nous connaissons tous quelques personnes très âgées qui conservent une forme physique étonnante, bien qu’elles ne disposent pas d’ascenseur. En réalité, c’est justement parce qu’elles sont condamnées à monter à pied trois ou quatre étages qu’elles se portent si bien.

Demandons-nous, à chaque fois que nous pénétrons dans un ascenseur, quelle invalidité, quelle infirmité nous empêche de prendre l’escalier. Aucune? Alors montons à pied. Un gain appréciable pour notre santé, qui ne coûte rien à personne et ne nous prend pas de temps.

Une récente publication genevoise traitant des bienfaits de l’exercice physique sur la prévention et le contrôle du diabète* déplore que les pouvoirs publics ne fassent pas grand-chose dans ce sens. Cette critique interpelle l’homme politique.

Qu’il s’agisse de l’écologie de notre santé ou de celle de notre planète, le problème est toujours de même nature: il s’agit de modifier des habitudes, d’infléchir des comportements. L’Etat ne peut y parvenir qu’en recourant à la loi, c’est-à-dire l’obligation, l’interdiction, ou à la sanction. On n’ose pas imaginer à quelle extrémité il devrait recourir pour promouvoir l’activité physique!

Revenons à nos escaliers. Dans les locaux du CHUV, une observation intéressante peut être faite. Dans le bâtiment hospitalier, à tous les étages, quatre ascenseurs vous accueillent à bras ouverts, alors que l’escalier est caché derrière une porte dérobée: personne ne l’emprunte. Dans la policlinique médicale, un vaste escalier trône dans le hall principal: son usage y est naturel. Et si c’était là le nœud du problème?

En matière d’écologie comme en matière de promotion de la santé, l’homme politique a pris l’habitude de ne considérer que ceux qui polluent ou vivent de façon malsaine. Il voudrait les décourager ou les punir. Inversons les choses.

Admettons que la majorité de nos concitoyens ne demandent qu’à bien faire, à condition qu’ils n’en soient pas empêchés. Et accompagnons ces hommes et ces femmes de bonne volonté dans leur vie de tous les jours. Comment leur permettre de choisir un transport peu polluant? Comment les aider à économiser l’énergie de chauffage ou d’éclairage?

Comment les guider vers des aliments sains et pauvres en énergie grise? Comment les conduire naturellement à l’escalier?

Vous faites partie de ces gens bien disposés? Il est temps que la politique s’adresse à vous, en mettant les comportements écologiques à votre portée. Comme l’escalier.

* Dans la Revue médicale dela Suisse romande, 6 juin 2007.




 

Article récent


Suite...



 
    vert'libéraux