Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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  OPINIONS

Paru dans 24 Heures le 31 août 2006

La concurrence, ça sert à quoi? - A faire baisser les prix, répondront neuf personnes sur dix. Elles n’auront pas tort, mais les grandes valeurs libérales ne sont pas d’abord une affaire d’argent.

L’explosion des progrès dans le domaine des télécommunications illustre bien chez nous l’effet le plus important de l’ouverture de ce marché à la concurrence: l’amélioration de la qualité!

Car la concurrence, cela sert d’abord à cela: chercher à être meilleur que l’autre. La concurrence est un fabuleux moteur de développement, de recherche et d’innovation. La concurrence stimule l’imagination et la créativité.

C’est sur l’individu d’abord que la concurrence exerce cet effet. Elle pousse chacun à faire plus et mieux que l’autre, dans le but de se différencier et d’en tirer un avantage. C’est la concurrence qui donne à chacun sa chance de s’élever au-dessus de la situation dans laquelle la naissance ou les autres l’ont placé.

Si vous voulez donner à un enfant provenant d’une situation sociale défavorisée une chance de «percer», organisez un concours, une compétition; mettez-le en concurrence avec les «fils de famille» et vous le verrez atteindre la place que lui vaut son mérite personnel.

Et que serait le sport sans concurrence? Qu’est-ce qui pousserait les équipes de football à se préparer à l’Eurofoot de 2008 si elles n’étaient pas en concurrence avec les équipes des autres nations?

La concurrence ne s’arrête pas à la production de biens et de services. Elle contribue à faire apparaître la vérité et à étouffer l’imposture. La concurrence à laquelle se livrent les médias oblige les journalistes à élever la qualité de leur information, faute de quoi ils deviennent la cible de leurs collègues. Dans le domaine de la formation, les enquêtes internationales ou intercantonales de type PISA créent, de fait, une situation de concurrence entre les systèmes scolaires et empêchent certaines pratiques pédagogiques infondées de se généraliser. En matière de santé publique, la présence en parallèle d’une médecine d’Etat et d’une médecine privée constitue un stimulant pour l’une et pour l’autre. On observera aussi que la concurrence à laquelle se livrent les universités les pousse constamment à élever leur niveau de recherche et d’enseignement.

La concurrence suppose l’égalité des chances au départ. Mais les adversaires de la concurrence veulent imposer l’égalité des résultats. Egalité des revenus, égalité des salaires, égalité des conditions. Pour tous, la même formation et le même diplôme. Sans voir que l’égalité démotive. Pourquoi faire plus et mieux que mon voisin puisque, au bout du compte, le résultat sera le même pour moi. L’égalitarisme nivelle tandis que la concurrence élève. La sécurité égalitaire apporte un certain confort. Mais ce sont les efforts couronnés de succès qui constituent les vraies satisfactions et rendent la vie passionnante.

Bien sûr que la concurrence a des effets pervers. Elle peut notamment dégénérer en une «loi de la jungle», sans pitié pour le plus faible. La concurrence a besoin d’être cadrée par des règles. Mais cadrer ne signifie ni condamner, ni étouffer. L’Etat et les partenaires sociaux devraient au contraire veiller à garantir, en toutes circonstances, un certain degré de concurrence, de compétition, d’émulation. Et veiller à ce que les bénéfices retirés de la concurrence retombent sur les individus qui en font l’effort.




 

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