Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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Paru dans 24 Heures le 11 mai 2005

L’homosexualité existe, qu’on le veuille ou non. Elle existe non seulement chez les humains, mais elle aurait été observée chez plus de 450 espèces animales allant de l’ours au dauphin et du goéland au papillon monarque. 

Selon les cultures et les périodes de l’histoire, elle a été plus ou moins admise ou réprouvée. Elle existe chez nous, et des couples de même sexe choisissent de s’unir et de vivre ensemble. Qu’une législation «reconnaisse» cet état de fait est certes favorable pour ceux qui souffrent de vivre dans la clandestinité, mais l’essentiel n’est pas là. Je suis, pour tout dire, assez réfractaire à ces revendications de communautés de toutes sortes qui s’acharnent à être reconnues par la loi. 

Mais j’observe que des gens de même sexe s’engagent à vivre ensemble, à s’aider, à s’assister mutuellement «dans les bons et les mauvais jours». Loin de ce comportement si largement répandu qui consiste à attendre tout des autres et de l’Etat, les couples homosexuels acceptent de se prendre en charge eux-mêmes: cela mérite d’être relevé! 

Mais pourquoi une loi sur le partenariat enregistré? Parce que notre droit doit créer un statut juridique nouveau qui accorde aux partenaires quelques effets civils dont bénéficient les couples mariés: droit de visite dans les hôpitaux, permis de séjour pour le partenaire étranger, droit successoral, double signature lors d’engagements financiers, droit de ne pas témoigner, etc. Mais aussi quelques effets «négatifs» bien connus des couples mariés, comme la fiscalité et l’AVS. 

Le partenariat enregistré qui est soumis à votation le 5 juin présente deux caractéristiques sans lesquelles il serait inacceptable. D’abord, il est limité aux partenaires de même sexe. Pour les couples hétérosexuels qui veulent s’unir, la législation reconnaît le mariage. Un partenariat enregistré entre un homme et une femme — Pacs à la française ou à la genevoise — constitue une forme de mariage au rabais. Les Chambres fédérales ont eu raison de refuser cet élargissement du partenariat enregistré, qui aurait constitué une façon sûre de torpiller l’institution du mariage.

Le partenariat enregistré entre couples de même sexe exclut l’adoption ainsi que le recours à la procréation médicalement assistée. En d’autres termes, un couple homosexuel ne pourra pas avoir d’enfants. Même si certains militants de la «cause» homosexuelle affirment revendiquer l’«homoparentalité», cette perspective est résolument exclue de la loi qui nous est soumise.

Ce n’est pas être prophète que d’affirmer que le peuple suisse, s’il devait se prononcer séparément sur cet objet, le refuserait de façon sèche et sonnante, et pour longtemps. 

Et le mariage, alors? Les opposants au partenariat enregistré affirment qu’il s’agit là d’un premier pas vers l’affaiblissement du lien du mariage. L’histoire du mariage est en constante évolution, et il serait faux d’y voir une institution figée, qui n’aurait commencé à évoluer que dans la seconde moitié du XXe siècle. 

Quelle que soit l’évolution des mentalités, je suis de ceux qui affirment, avec saint Augustin, que le mariage est, par essence, constitué en vue de la procréation. Il comporte une dimension proprement sacrée, qui a trait à la transmission de la vie. C’est ce qui lui donne sa vraie supériorité sur tout autre union.

On peut compter sur le pape Benoît XVI pour ne pas laisser l’Eglise catholique dériver et se mettre à bénir des unions homosexuelles. Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Ratzinger a en effet signé des «Considérations» assez claires à l’encontre des unions homosexuelles. On souhaite que d’autres confessions, par souci de visibilité, ne choisissent pas le chemin opposé. Il serait regrettable que les Eglises sèment la confusion là où le législateur s’est employé à faire la distinction. 

Finalement et surtout, il appartient aux couples mariés de donner de leur union une image qui l’élève au-dessus d’un simple partenariat enregistré.




 

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