Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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  SOLIDARITÉ

Tes droits sont mes devoirs......et réciproquement !

Paru dans In « Alexandre Vinet: regards actuels », Cahiers de la Renaissance vaudoise No 130 le 1 dťc. 1996

¬ęSi √† l'id√©e de droit on ne joint celle de devoir, et si chacun ne met plus d'importance √† conna√ģtre ses devoirs qu'√† conna√ģtre ses droits, on a l√† une triste soci√©t√©; c'est une machine o√Ļ, faute d'huile, tout crie et tout casse; et mieux vaudrait, si elle √©tait possible, une soci√©t√© o√Ļ chacun songerait √† son devoir et personne √† son droit, que celle o√Ļ chacun songerait √† son droit et personne √† son devoir.¬Ľ A. Vinet

La surprise de l'homme moderne
Lorsqu'il aborde un texte d'Alexandre Vinet, l'homme moderne se sent d√©pays√©. En pr√®s de deux si√®cles, le style, certes, a chang√©. Mais le d√©paysement est ailleurs. C'est que l'homme moderne a appris √† raisonner en termes de droits. Droits politiques, droits juridiques, droits sociaux : la liste en est interminable. Qu'il s'agisse du droit √† un minimum vital, du droit √† l'information, du droit √† la diff√©rence, toute cause para√ģt d√©fendable √† condition qu'elle revendique un "droit √†".

Or Vinet raisonne en termes de devoirs. Souvent, ce mot est sous sa plume. Bien plus, l'idée du devoir est à ce point présente dans la pensée de Vinet que, dans une certaine mesure, elle va de soi. Le devoir est présent dans la pensée de Vinet comme la force de gravitation dans celle d'un ingénieur. Lorsque l'ingénieur construit un pont, il parle d'ancrage, de portée, de résistance des matériaux. Il ne mentionne pas la force de gravitation terrestre qui fait tenir le tout, parce qu'elle va de soi. Il en est ainsi de Vinet et du devoir : même quand il n'en parle pas, le devoir va de soi. Et c'est ce qui surprend l'homme moderne.

Le couple du devoir et du droit
Raisonner en termes de droits ou en termes de devoirs, finalement, qu'est-ce que cela change ? Le résultat est assez analogue. Le droit à la différence, c'est le devoir de tolérance. Le droit à un minimum vital, c'est le devoir d'assistance. Les droits des enfants sont les devoirs des adultes. Et ainsi de suite. Dans un langue ou une autre, on parle de la même chose. Mais cela change tout dans l'esprit.

Le devoir interpelle le responsable, alors que le droit s'adresse à la victime. Pas étonnant que l'homme moderne, qui n'entend plus parler que de droits et jamais de devoirs, ne se sente plus responsable de rien, mais victime de tout. C'est ce travers contemporain que Pascal Bruckner nomme "la victimisation" .
Nous osons affirmer qu'une des perversions de la pensée contemporaine consiste dans le divorce entre la notion du devoir et celle du droit, qui forment pourtant un couple indissociable.

Il n'est pas sans int√©r√™t de se reporter aux d√©bats de l'Assembl√©e nationale fran√ßaise qui √©labora la D√©claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao√Ľt 1789. C'est √† une majorit√© de 570 voix contre 433, au terme d'une discussion anim√©e, que fut repouss√© l'amendement de A.-G. Camus proposant d'adjoindre le mot "devoirs" au mot "droits".  Le pr√©ambule de cette D√©claration comporte d'ailleurs la phrase suivante : "(...) afin que cette d√©claration, constamment pr√©sente √† tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs (...)". On notera avec int√©r√™t l'argument de M. de Clermont-Lod√®ve plaidant contre l'amendement Camus : "On pourrait peut-√™tre d√©tailler, dans le corps de la d√©claration, quelques-uns de ces devoirs; mais je penserais que le titre seulement doit annoncer une d√©claration des droits du citoyen, et non de ses devoirs. Ce mot de citoyen annonce une corr√©lation  avec les autres citoyens, et cette corr√©lation engendre des devoirs."

En 1795, la Constitution de l'An III débute par un préambule intitulé Déclaration des droits et des devoirs dans laquelle on lit : "Nul n'est bon citoyen s'il n'est bon fils, bon père, bon frère, bon ami, bon époux."

Tout près de nous, un homme politique français d'origine africaine affirme : "Je vais même jusqu'à penser que la liberté prend naissance dans la conscience des devoirs, et non dans la volonté trop souvent unilatérale d'exercer ses droits."

Plus provocateur, Auguste Comte r√©sumait : "Faire son devoir est le premier des droits !" Tandis que Vinet commentait : "Aucun droit plus sacr√© que le droit de remplir un devoir. Toute autre mani√®re de concevoir le droit est vulgaire, et n'est qu'une autre forme de l'√©go√Įsme." 

Certains esprits de notre temps, pressentant que la revendication permanente et exclusive des droits conduirait √† un blocage de tous nos rouages sociaux, ont mis √† la mode le terme de solidarit√©. Il serait faux d'y voir une valeur morale. Comme le remarque A. Comte-Sponville, "la solidarit√© est trop int√©ress√©e ou trop illusoire pour √™tre une vertu. Ce n'est qu'√©go√Įsme bien compris ou g√©n√©rosit√© m√©connue".  Mais parler de solidarit√©, c'est rappeler que les humains sont reli√©s - qu'ils le veuillent ou non ! - aux autres humains, que les vivants sont li√©s aux autres vivants. Qu'ils sont li√©s aussi √† la Terre qui les fait vivre.

Ce terme de solidarité, il est vrai, nous irrite un peu lorsqu'il dissimule une manière systématique de tendre la main, lorsqu'il enrobe une forme subtile de réclamer "son droit". Mais, dans le fonds, il exprime bien la vérité profonde de l'aventure humaine. Alors, parlons de solidarité, si l'on veut. Mais osons dire ce que cette notion signifie : la société humaine fonctionne par l'échange des devoirs et des droits.

Un libéralisme bien tempéré
Les lib√©raux vaudois se sont souvent r√©clam√©s de Vinet. Alors que je faisais mes premiers pas dans leurs rangs, Claude Bonnard  m'avait affirm√© : "Si vous voulez comprendre quelque chose au lib√©ralisme vaudois, il faut vous int√©resser √† Alexandre Vinet."

A la suite des lignes qui précèdent, on aura bien compris que si les libéraux vaudois se réclament d'Alexandre Vinet, ils ne peuvent s'identifier au libéralisme économique pur et dur, que l'on qualifie d'ultralibéralisme. Car cet ultralibéralisme n'est rien d'autre que la loi du plus fort. Et il a pour devise "life is competition", devise essentiellement détestable.

La vie de la b√™te est comp√©tition. Elle est comp√©tition permanente. Le petit animal, s'il ne parvient √† fuir ou √† se cacher, est la proie du plus gros. Il n'y a dans la nature aucune place pour la b√™te malade ou affaiblie par l'√Ęge. Dans un reportage sur la vie des animaux, j'avais √©t√© frapp√© de voir une famille de lions d√©vorer un de ses petits parce qu'il avait une malformation le for√ßant √† boiter ! L√†, certes, life is competition. Mais le propre de l'humanisme, c'est √† dire ce qui distingue l'humanit√© du monde animal, c'est pr√©cis√©ment d'avoir permis la vie sans comp√©tition. Et d'avoir accord√© une place aux faibles, de leur avoir permis de survivre et d'exister. Le degr√© d'une civilisation ne se mesure pas aux droits des plus forts, mais √† leurs devoirs, qui sont aussi les droits des plus faibles.

Nous croyons pouvoir affirmer que Vinet était aux antipodes de la devise life is competition .

S'ils se réclament de Vinet, les libéraux vaudois ne peuvent davantage sousscrire à l'ultralibéralisme individualiste, qui revendique le droit de tout faire, en tout moment et en toute circonstance, pourvu que l'individu y trouve son plaisir. "Le libéral vulgaire est un homme que la société gêne, (...) qui poursuit de ses voeux l'indépendance absolue de sa volonté."

S'ils veulent se r√©clamer de Vinet, les lib√©raux doivent r√©fl√©chir √† sa vision sociale :"Le lib√©ral d'un ordre relev√© est un homme √† qui la soci√©t√© appara√ģt comme le but, comme l'ordre, comme l'√©tat normal de l'humanit√©; (...)il veut la libert√© dans l'int√©r√™t m√™me de la soci√©t√©. C'est pour ennoblir la soci√©t√© qu'il fait une aussi large part que possible √† l'individualit√©."  Ou, d√©fendant la propri√©t√© priv√©e : "La propri√©t√©, qui a servi de base √† la civilisation g√©n√©rale, est aussi le fondement de la civilisation individuelle. (...) D'un peu d'aisance, d'un peu d'avoir, naissent dans l'individu des habitudes morales qui profitent √† la communaut√©."  Ou, √† propos du "tout-√†-l'Etat" :"Il n'y a point d'esprit public l√† o√Ļ les particuliers remettent avec insouciance la fondation de tous les √©tablissements de bien g√©n√©ral au gouvernement."

Mais jamais Vinet  ne soutiendrait un ultralib√©ralisme pur et dur, qu'il soit √©conomique ou individualiste.

La morale est-elle universelle ?
La notion de devoir est une notion morale. La morale est d'ailleurs définie parfois comme "la science du devoir et des devoirs" (Geruzez). Mais sur quelle morale se baser ?

La morale d'Alexandre Vinet est une morale chrétienne, il est banal de le dire. Dans la société vaudoise du début du XIXe siècle, le christianisme est à ce point majoritaire que les règles morales qui en découlent apparaissent comme universelles.

On pense que les choses ont un peu changé à la fin du XXe siècle. Alors voyons quelle est l'appartenance religieuse actuelle de la population résidente vaudoise :

Eglise Evangélique Réformée 275 990 >45,86%
Eglise Evangélique méthodiste 178 0,03%
Autres églises protestantes 4 450 0,74%
Eglise Catholique Romaine 228 133 39,91%
Eglise Catholique Chrétienne 10 <0,01%
Eglise Orthodoxe Chr√©tienne de l'Est et Chr√©tienne Orientale   5 283   0,88%
Eglise Néo-Apostolique 896 0,15%
Témoins de Jéhovah 1 752 0,29%
Autres communaut√©s religieuses chr√©tiennes   969   0,16%
Israélites 2 001 0,33%
Musulmans 9 969 1,65%
Communautés religieuses de l'Est 1 852 0,31%
Religions de la jeunesse 35 <0,01%
Autres communaut√©s et philosophies religieuses   103   0,02%
Aucune appartenance 55 840 9,28%
Sans indication 14 355 2,38%
Total 601 816 100%

Incontestablement, la religion chrétienne n'est plus la seule présente. On en conclut que, puisque des religions différentes coexistent, il doit y avoir chez nous plusieurs canons moraux et que, par conséquent, la morale est devenue une affaire individuelle.

Il faut oser tenir tête à ce langage erroné. Fondamentalement, la morale établit la distinction entre le bien et le mal. Le bien pour l'individu ou pour la société, ce qui n'est pas si différent. Le mal pour l'individu ou pour la société, ce qui n'est pas si éloigné non plus. Ceux qui s'emploient à comparer les grandes religions entre elles constatent que, dans l'ensemble, elles débouchent sur les mêmes règles morales.

Le respect de l'autre, de sa vie et de ses biens fonde tous les codes moraux. Il y a probablement dans l'ordre moral un certain nombre de lois universelles, aussi permanentes que les lois de la physique. On pourrait s'employer √† en faire le catalogue, ce qui d√©passerait √† la fois nos comp√©tences et l'espace de cet ouvrage. Il suffit de l'admettre pour r√©cuser cette id√©e  contemporaine d'une morale  individuelle.

La loyaut√© vaut toujours mieux que la tricherie, la g√©n√©rosit√© est toujours pr√©f√©rable √† l'√©go√Įsme, le bon plaisir trouve toujours sa limite dans le malheur qu'il produit.

Vinet exprimait cette conviction : "Même pour ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne, il existe des principes moraux valables en tout temps et en tout lieu hors desquels il n'y a ni liberté, ni épanouissement pour l'homme." Kant, si nous l'avons bien compris, affirmait lui aussi l'existence d'une loi morale universelle.
 
Il n'est plus possible, comme au temps de Vinet, de baser son raisonnement politique sur des références évangéliques universellement admises. Mais il est faut d'en conclure que la morale n'a plus sa place dans la société moderne. Et il est illusoire d'espérer réaliser un programme politique qui ne se réfère pas à des règles morales.

L'actualité des devoirs
La D√©claration universelle des droits de l'homme est incontestablement un des grands acquis de notre civilisation. En exprimant le respect de la dignit√© de tout √™tre humain √† la base de leurs constitutions, nos soci√©t√©s modernes ont apport√© √† l'humanit√© une de ses dimensions les plus nobles. Mais il est regrettable que cette √©l√©vation d√©g√©n√®re en une √©num√©ration de revendications √©go√Įstes. Marx lui-m√™me critiquait : "Nous constatons  que les droits dits de l'homme, les droits de l'homme par opposition aux droits du citoyen, ne sont rien d'autre que les droits du membre de la soci√©t√© bourgeoise, c'est-√†-dire de l'homme √©go√Įste, de l'homme s√©par√© de l'homme et de la collectivit√©."
 
Pour contrecarrer cette √©volution perverse, il nous para√ģt urgent et n√©cessaire de reparler des devoirs. Mais ce mot n'appartient pas √† la pens√©e unique contemporaine. "Il est facile de promettre √† tout le monde un avenir radieux, il est plus difficile de rappeler √† une client√®le √©lectorale que ses droits s'arr√™tent o√Ļ commencent ses devoirs, et que ces m√™mes devoirs ne peuvent √™tre √©radiqu√©s sans que les droits en souffrent."

Il faut parler ici de la révolution culturelle de Mai 68. Ses penseurs se situent dans un contexte économique particulier : l'Europe vient de parvenir, en moins d'une génération, à reconstruire et à dépasser les terribles ravages de la guerre, portée par le vent d'un fantastique progrès scientifique. Il était dès lors naturel que certains esprits prolongent cet élan sur le plan philosophique et en viennent à considérer que, le progrès technique ayant permis tous les espoirs économiques, il devait être possible aussi de bousculer toutes les règles sociales.

Pour ce faire, les r√©volutionnaires de Mai 68  ont entrepris de contester, syst√©matiquement, toute autorit√©. Au passage, il fallait se lib√©rer de la plus contraignante : l'autorit√© de la morale. Le plus simple consistait, pour y parvenir, √† r√©p√©ter √† chacun tous ses droits en taisant sciemment tous les devoirs.
 
Il y avait, pour cette génération à laquelle j'appartiens, un souffle extraordinairement libérateur dans cette "contestation" - le mot faisait fortune - systématique de toutes les règles apprises et vécues auparavant. Malheureusement, les soixante-huitards ont cru être utiles à leurs enfants en évitant de leur enseigner des règles. Ils n'ont pas compris que, si la transgression d'une règle peut produire une forte impression de libération, l'absence de règle engendre l'angoisse.

L'irruption du SIDA puis, moins de dix ans après, le renversement brutal de la conjoncture ont arrêté ce mouvement et remis cette idéologie en question. Les Suisses, sur la lancée de 68, viennent d'abaisser de 20 à 18 ans la majorité civile de leurs enfants.

Une journaliste formulait à ce sujet l'observation suivante : "La société revisitée de mai 68 a levé les tabous, les règles, les protections. Et voici que depuis le 1er janvier, les jeunes Suisses sont majeurs à 18 ans. Ils n'ont même pas eu besoin d'organiser une manif.

Evidemment, ils ne vont pas refuser ce cadeau des .
A 18 ans, ils vont pouvoir signer eux-mêmes leur carnet scolaire, acheter un voiture en leasing sans l'accord des parents, emprunter de l'argent, se marier...

Tant mieux, mais quel décalage avec la vie courante !"

Cette g√©n√©ration de soixante-huitards a produits des fruits dans toutes les couches de la soci√©t√©. On parle volontiers de certains jeunes qui trouvent naturel de recevoir une forme de salaire m√™me s'ils n'effectuent aucun travail. Un patron d√©clarait :"Pour s'attaquer au probl√®me du ch√īmage structurel, nous devons aussi susciter de nouveaux modes de pens√©e : le ch√īmage concerne tout le monde; personne n'a droit √† l'oisivet√©; chacun a droit √† un minimum vital. Cependant, ce minimum vital ne doit pas √™tre un filet de s√©curit√© passif ne comportant que des droits, mais bien une forme de r√©mun√©ration pour le travail accompli, quelle que soit sa modestie, dans la mesure o√Ļ ce travail est utile √† la soci√©t√©."

Mais on doit aussi parler d'autres manifestations tout aussi "post-soixante-huitardes". Evoquons certaines sph√®res dirigeantes de l'√©conomie o√Ļ seul le rendement semble diriger les choix. Il est pass√© le temps o√Ļ les patrons d'entreprises consid√©raient comme leur devoir de consacrer une part de leurs forces √† la vie civique, √† l'√©quilibre social, au bien public. On veut bien employer un partie de son b√©n√©fice √† des oeuvres d'int√©r√™t public, mais seulement sous forme de sponsoring, √† condition que cela constitue une publicit√© indirecte. Pour le reste : pas de temps - ou pas d'argent, ce qui revient au m√™me !

L'actualité nous oblige à rappeler que les droits sont indissociablement liés aux devoirs. Qu'une société ne peut promettre les uns sans rappeler les autres. Que le sens du devoir est nécessaire à l'intégration sociale.

"Bien s√Ľr, on a le droit d'√™tre √©go√Įste. Le d√©lit d'√©go√Įsme ne figure dans aucune loi p√©nale. Mais, en pareil cas, on perd le droit de vivre en soci√©t√©. On devient un parasite, car si l'on estime qu'√™tre √©go√Įste est un droit comme un autre, on ne peut pas revendiquer en m√™me temps le droit d'√™tre consid√©r√© comme un citoyen  √† part enti√®re. Il n'y a pas d'organisation sociale cr√©dible sans la notion de devoir."

Eugène Rambert, l'ami et l'élève de Vinet, affirmait :"Un peuple ne produit pas un homme tel que Vinet sans avoir quelque chose des qualités qui le distinguent, et ce quelque chose il doit s'appliquer à le conserver et à en faire un capital de plus en plus productif, qui devienne pour tous comme un héritage de famille."

Cent cinquante ans apr√®s la mort de Vinet, nous passerions totalement √† c√īt√© de son h√©ritage si nous ne rappelions que c'est d'abord le sens du devoir qui fait la force de son oeuvre.




 

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