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L'INVITÉ
Libéralisme vaudois: d’abord une éthiqueParu dans 24 Heures le 15 sept. 2026 Libéralisme vaudois: d’abord une éthique«Pour comprendre quelque chose aux libéraux vaudois, il faut s’intéresser à Alexandre Vinet»: tel fut le conseil que Claude Bonnard, alors conseiller d’État, a donné au jeune libéral que j’étais. C’était signifier que les libéraux vaudois ont une histoire intimement liée à celle de l’Église libre. Et si des communes comme Château-d’Œx ou Missy ont eu un représentant libéral au Conseil national, c’est que l’Église libre y était aussi très active. Il y avait, au cœur du Parti libéral vaudois, la notion de responsabilité: on y revendiquait la liberté, certes, mais toujours couplée à celle de responsabilité. «Je veux l’homme maître de lui-même afin qu’il soit mieux le serviteur de tous», affirmait Alexandre Vinet. Cela signifie responsabilité morale. Cette éthique chrétienne engageait les élus libéraux dans leur activité quotidienne. En règle générale, les employés étaient bien traités, et l’étaient avec respect, car l’éducation chrétienne impose de voir en l’autre un frère ou une sœur. Quant à des notions comme le respect de la vérité et celui de la parole donnée, il n’était pas question d’y déroger. Cela signifie responsabilité sociale. Les milieux «libristes» sont à l’origine de beaucoup d’institutions sociales dans notre canton: Eben-Hézer, l’Hôpital de l’enfance, La Source – première école d’infirmières laïques au monde – en sont quelques illustrations. Ces milieux «libristes» ont non seulement alimenté le Parti libéral vaudois, mais ils en ont inspiré l’action. Claude Pahud, qui fut président libéral du Grand Conseil, a fondé l’École sociale et pédagogique de Lausanne, devenue Haute École de travail social et de la santé. Cela signifie aussi responsabilité environnementale. Certes un peu isolées, les députées libérales Odile de Morsier et Marguerite Narbel ont eu un fort engagement écologique précurseur. Alexandre Vinet fut un pionnier de l’enseignement supérieur pour les femmes. Rien d’étonnant, donc, à voir Annie Dutoit devenir la première femme de droite à présider le Conseil communal de Lausanne et Marguerite Narbel la première femme à présider le Grand Conseil. On pouvait ne pas aimer les libéraux, ces gens un peu supérieurs (en tout cas le pensaient-ils d’eux-mêmes), et souvent assez favorisés par la fortune. Mais on les respectait généralement pour leur rigueur. On se souviendra que Claude Bonnard, conseiller d’État, appelé à aménager le territoire vaudois en application des arrêtés fédéraux urgents de 1972, s’était mis à dos de nombreux propriétaires terriens qui perdaient par là leurs droits à bâtir: pas de compromis, même pour des amis! Et on n’imagine même pas qu’un seul ait pu parvenir, à coups d’argent, à influencer les décisions du magistrat. Il est peu probable que celles et ceux qui ont été attirés hier par les valeurs éthiques du Parti libéral se retrouvent demain dans le Mouvement libéral récemment créé. |
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