Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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Paru dans 24 Heures le 3 oct. 2016

Il n’y a pas un islam, mais plusieurs. En treize siècles, divers courants musulmans se sont développés, fondés sur des lectures différentes du Coran, ou sur la préférence pour certaines Sourates au détriment d’autres. Il est toujours intéressant de rappeler que le «djihad» peut être compris soit comme «un effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral et religieux», soit comme «un combat armé pour étendre l’Islam».

Parmi ces courants religieux, la secte salafiste défend un islam rigoriste, vengeur, écrasant les femmes. C’est à la fois la secte de la violence antioccidentale, de la persécution des autres communautés musulmanes et… de la burqa. Le wahhabisme qui lui ressemble est devenu la religion d’Etat de l’Arabie saoudite qui diffuse cette doctrine partout dans le monde à coup de pétrodollars. Disons-le tout net: il n’y a aucune place dans les pays occidentaux pour le salafisme, qui est la négation de toutes nos valeurs.

L’interdiction de la burqa n’a rien à voir avec l’islamophobie; elle n’a rien à voir avec le respect des convictions religieuses. S’opposer à la burqa est un refus démonstratif du salafisme et de son cortège de barbaries archaïques. On rappellera que si la Suisse a interdit les Jésuites en 1848, ce fut pour des raisons politiques, sans aucun lien avec une quelconque «christianophobie».

Le débat sur la burqa offre aux musulmans de Suisse une occasion inespérée de se démarquer du salafisme. Si les organisations musulmanes entendaient assurer chez nous l’intégration de l’islam, elles réclameraient elles-mêmes l’interdiction de cette dissimulation des corps et des visages, comme le fait le Sénégal, au motif que cette mise en cage de la femme appartient à un islam qui n’est pas le leur.

Malheureusement, ce n’est pas le chemin qu’emprunte l’UVAM (Union vaudoise des associations musulmanes). Alors qu’ils ont une occasion rêvée de rompre le fameux «amalgame» qu’ils dénoncent à chaque occasion, ils s’emploient au contraire à colporter l’idée qu’une interdiction de la burqa serait une atteinte à tout l’islam. Quel dommage! Quel aveuglement!

La raison est probablement plus simplement matérielle

Comment expliquer cette attitude? On pourrait parler de manque d’intelligence. On pourrait imaginer que, dans les faits, l’UVAM souhaite réellement le développement du salafisme. Mais la raison est probablement plus simplement matérielle. S’opposer au salafisme priverait la communauté musulmane des ressources financières, des publications que lui fournit l’Arabie saoudite. Les pays occidentaux sont légitimés à s’opposer à un courant politico-religieux qui les menace. Que les musulmans, en interdisant la burqa, démontrent eux-mêmes qu’ils ne sont pas les valets du salafisme. Alors pourra se réaliser un nécessaire processus d’intégration de l’islam dans notre société.

Jacques-André Haury, Médecin et ancien député




 

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