Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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Paru dans le 5 sept. 2003

Le député libéral lausannois sera vraisemblablement le seul candidat de droite pour la succession de Philippe Biéler à l’exécutif vaudois. À 51 ans, ce médecin spécialiste ORL pourrait abandonner son cabinet pour embrasser la carrière politique.  Capitaine à l’armée, infatigable randonneur et père de famille dans le civil, Jacques-André Haury siège depuis cinq ans au Grand Conseil. Son dernier cheval de bataille est la réintroduction des notes dans les écoles vaudoises. Le vote populaire sur l’initiative qu’il a lancée avec succès, a été reporté à 2004 à la demande de la conseillère d’Etat, Anne-Catherine Lyon. Ce report justifié selon la socialiste par l’achèvement des réformes liées à EVM (Ecoles vaudoises en mutation) a conduit à quelques joutes oratoires houleuses avec la cheffe du département de l’instruction publique. Il est, aux côtés des députés Leuba et Vuillemin, l’un des libéraux les plus en vue de l’hémicycle législatif. Rencontré dans le cadre de la première université d’été du parti libéral suisse, Jacques-André Haury nous confie ses sentiments à moins de deux mois de l’élection complémentaire et nous dévoile quelques aspects de ce que pourrait être sa législature, entre volontarisme et moralité.

Vous êtes prêt à abandonner votre cabinet pour vous lancer dans cette aventure. Quelle est donc votre motivation? 
- J’ai toujours eu le goût de participer aux prises de décision. J’ai été chef de classe, président de la société suisse ORL ou encore capitaine à l’armée. En 1973, j’étais déjà candidat au conseil communal. J’aime le pouvoir. Il permet de définir sa propre marge de liberté et d’action, de poser un cadre dans lequel on peut agir.

- Pourquoi préférer le Conseil d’État au Conseil national?
- Trois bonnes raisons à cela : on m’a proposé de me présenter au National et j’ai répondu que d’une part, j’avais une certaine influence au Grand Conseil qu’il serait dommage de perdre en allant à Berne, et que d’autre part, les problèmes du canton de Vaud sont plus importants que ceux de la Confédération. Et puis, le National, c’est pas une activité à plein temps et il ne m’est pas possible de ne travailler qu’à 30 % à mon cabinet. Autant donc travailler à 100 % au Conseil d’État.

- Quelle est votre plus grande appréhension en cas d’élection?
Je redoute de devoir prendre des décisions qui font mal. On peut faire le bonheur de la société mais pas de chacun des individus. Je crains également la lourdeur de la tâche, mais dans ce domaine, j’agirai différemment de Philippe Biéler. Lui disait qu’il voulait être un lien entre les gens et pas un chef. Le problème, c’est que ça surcharge. Si on veut trop écouter tout le monde, on s’épuise. Il faut qu’on s’attende avec moi à des positions plus tranchées qui ne pourront pas plaire à tout le monde.

- On dit le canton de Vaud malade. C’est grave docteur?
- Je pense que c’est grave, oui. On est dans une situation où la consommation est supérieure à la production. L’état des finances est un thermomètre qui montre bien la gravité de la crise. Ça va mal. Un des défauts des Vaudois, c’est leur incapacité à s’enthousiasmer pour ce qui va bien et de fermer les yeux sur ce qui ne va pas. L’enthousiasme pourrait servir de moteur pour relancer la dynamique et l’activité du canton, Mais pour le moment, ce n’est pas le cas.

- Quel sera votre programme en cas d’élection au Conseil d’État?
- La réflexion doit se faire sur la durée. L’endettement n’est pas compatible avec le développement du canton. Le tissu économique doit être résistant à long terme et pour cela, il faut une formation scolaire efficace qui prépare les jeunes au monde professionnel. La sécurité et l’ordre public sont également la condition première de tout développement. Si votre sécurité n’est pas garantie, vous ne pouvez pas prospérer. Mais je ne parle pas de compagnies privées de gardiennage. C’est à l’État qu’incombe la charge de garantir la sécurité du citoyen. Et puis il y a aussi la santé publique et notamment tous les problèmes liés à la toxicomanie et aux dépendances. Dans ce domaine, j’agirai avec fermeté. Je suis contre le laisser-faire et je m’opposerai à la libéralisation du cannabis par exemple. Je m’investirai plutôt pour la promotion du sport. Je suis tenté de dire que je veux représenter au gouvernement les hommes et les femmes de bonne volonté qui contribuent à la prospérité générale.

- Dans les colonnes du 24 Heures, vous avez déclaré vouloir inscrire votre politique dans le développement durable. Est-ce par opportunisme pour couper l’herbe sous les pieds des candidats Verts?
- Absolument pas. Le libéralisme n’est pas en contradiction avec le développement durable. Pour moi, le libéralisme n’est pas une anarchie. Il doit s’inscrire dans les limites de la morale et de l’éthique et en ce sens, il est totalement compatible avec le développement durable. Celui-ci est un ensemble de décisions et de mesures qui sont prises dans la perspective des générations à venir, afin qu’elles aient les mêmes chances de développement et de qualité de vie. C’est exactement cette vision que je défends. Certes, le développement économique et l’environnement provoquent des situations de tension. Mais il me semble qu’aujourd’hui, on est conscients des menaces qui pèsent sur le futur et je suis favorable au principe du pollueur-payeur.

- Vos divergences de vues avec Anne-Catherine Lyon sur la réforme des écoles ne risquent-elles pas de prétériter la collégialité du gouvernement?
- Il y aura des tensions. Ma foi, c’est toujours comme ça. Mais pour moi, le conflit est enrichissant. C’est une dialectique qui fait évoluer et progresser. Mais ce que je veux surtout, c’est sortir de l’ère des « usines à gaz ». À coups d’études, de commissions et d’évaluations, ça finit par tourner en rond à l’État et dans les différents services. Je voudrais augmenter l’efficacité administrative et peut-être aussi, faire revenir l’État à un peu plus de modestie.

RÉALISÉE PAR JOST VON REDING




 

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